Le RSSI est passé d’un responsable technique à un stratège pour l’entreprise. Les priorités ne sont plus seulement dictées par les menaces, mais par la capacité de l’organisation à continuer ses activités sous contrainte cyber.
Plus, que jamais, la priorité n’est plus d’empêcher toute attaque, mais d’appliquer une démarche pour l'intégrer dans la démarche de fonctionnement de l'entreprise :
-
Comprendre le risque réel
-
Limiter les impacts d’un incident
-
Reprendre vite et proprement les activités métiers, notamment les plus sensibles.
-
Sensibiliser la direction et les métiers à cette réalité.
En 2026, plus que jamais voici les priorités à appliquer :
1. Gouvernance du risque cyber au niveau COMEX
Il convient de positionner la cybersécurité comme un risque business, au même niveau que le risque financier ou juridique.
Pour se faire, il est nécessaire de formaliser une cartographie des risques cyber orientée impacts métiers (arrêt de production, atteinte à la marque, sanctions réglementaires).
La communication avec la direction doit se faire avec des indicateurs compréhensibles (temps d’indisponibilité, pertes évitées, niveau de préparation) pour permettre des décisions d’investissement cyber arbitrées sur la base du risque résiduel, pas de la peur.
2. Faire le focus sur la résilience
La question n’est plus “si” mais “quand”. Il convient de renforcer fortement les plans de continuité et de reprise (PCA/PRA) testés en conditions réelles sur la base de scénarios de crises cyber (ransomware, compromission cloud, fuite de données) qui permette une reprise d’activité maîtrisée même après compromission majeure.
Techniquement cela passe par des sauvegardes isolées, immuables, régulièrement restaurées.
3. Maîtriser les accès :
Le Zero Trust devient la règle. La priorité bascule sur les identités plutôt qu’aux réseaux en appliquant les règles suivantes :
-
MFA systématique (y compris comptes techniques et prestataires).
-
Gestion des privilèges (PAM) étendue.
-
Gouvernance des identités cloud et SaaS.
-
Réduire au strict minimum les droits à privilège
4. Renforcer la sécurité et les contrôles des services cloud
La multiplication des services cloud fait que la surface d’attaque externe est très importante. Pour l’entreprise il est nécessaire de mettre en place a minima les exigences suivantes :
-
Cartographie des tiers critiques.
-
Exigences contractuelles cyber réalistes et vérifiables.
-
Contrôles de sécurité (audit, scan,…)
-
Sécurisation des API
5. Intégrer l’IA pour sécuriser au mieux l’entreprise
Les RSSI doivent accompagner la révolution de l’IA à la fois pour les usages métiers mais également pour ses propres usages :
-
Généralisation des SOC augmentés :Corrélation avancée.Détection comportementale.
-
Utilisation pragmatique de l’IA : Priorisation des alertes.Assistance aux analystes.
6. Se mettre en conformité
Se servir des réglementations (RGPD, NIS2, DORA, RGPD...) comme un levier de sécurisation plutôt qu’une contrainte.
-
Classifier les données sensibles.
-
Contrôler les flux de données (internes, cloud, partenaires).
-
Intégrer la conformité dans les processus IT et métiers, pas comme une surcouche.
7. Ne pas oublier que le facteur humain reste critique
Mettre en place des sensibilisations plus ciblées avec des programmes différenciés en fonction des populations (dirigeants, RH, métiers, administrateurs…) via des simulations réalistes (phishing, fraude au président, ingénierie sociale).